Le tabagisme est la principale cause de décès évitable dans le monde. Le tabac est le seul produit de consommation légalement en vente qui entraîne la mort d’un tiers à la moitié de ceux qui l’utilisent. Conscient de tous ces dangers.
La Chambre des représentants avait adopté, mercredi 23 juillet 2008, à l’unanimité, la proposition de loi modifiant et complétant la loi n°15-91 relative à l’interdiction de la consommation du tabac et de la publicité de ce produit dans les lieux publics.
Pourquoi des hôpitaux sans tabac ?
La question est à l’évidence une provocation !
Faut-il donc développer un argumentaire particulier pour justifier cette démarche ?
Et pourtant, à mesurer la prévalence du tabagisme chez les professionnels de santé, particulièrement élevée chez nous, puisqu’une enquête sur le tabagisme auprès des médecins du secteur public réalisée par le ministère de la santé en 2003, a montré que 19,1% des médecins sont des fumeurs avec 31 % chez les hommes contre 34,5% de la population masculine générale, et le poids du tabagisme dans de très nombreuses pathologies prises en charge à l’hôpital, on réalise que nous sommes encore loin d’atteindre l’objectif d’un tabagisme maîtrisé dans les lieux de soins. De ce fait, le lancement de l’initiative «Hôpital sans tabac» s’impose et nécessite l’adhésion des responsables administratifs, médicaux ainsi que tous les professionnels de santé qui doivent inscrire la lutte contre le tabagisme parmi les priorités de leurs structures de santé.
Le projet du ministère de la santé en collaboration de l’association Lalla Selma de lutte contre le cancer, concerne aujourd’hui tous les hôpitaux du pays, il se décline en sept points :
- Dresser un état des lieux du tabagisme dans les hôpitaux publics
- Promouvoir la prévention du tabagisme
- Aider au sevrage tabagique
- Réduire la morbidité liée au tabagisme
- Constituer un comité provincial de pilotage
- Désignation d’un point focal pour la coordination
- Tenues de réunions régionales pour une meilleure concertation
Tous ces éléments sont de nature a favoriser les actions qui seront entreprises au niveau des différents hôpitaux pour concrétiser l’initiative «hôpitaux sans tabac» Mais ce travail nécessite d’abord une réelle évolution des mentalités vis-à-vis du fléau de Santé Publique que constitue le tabagisme, et la nécessité d’œuvrer à la mise en œuvre d’une politique de prévention et d’aide au sevrage.
Des décideurs convaincus
Le tabagisme semble enfin reconnu comme une véritable priorité de Santé Publique.
Les prises de position de Madame la ministre de la santé ont été à maintes reprises particulièrement claires dans ce domaine.
La lutte contre le tabagisme a également été érigée au rang des priorités du ministère de la santé qui entend faire de tous les établissements hospitaliers «des hôpitaux sans tabac».
Des dispositions réglementaires appropriées mais insuffisamment appliquées
Pourtant nous pouvons le constater beaucoup trop fréquemment, cette interdiction est très insuffisamment respectée par les professionnels de santé, par les malades hospitalisés ou consultants, par le public, les familles, les visiteurs.
Ce non-respect de la loi est inacceptable car l’hôpital a aujourd’hui un rôle majeur à jouer dans la stratégie de lutte contre le tabagisme. L’hôpital est un élément essentiel concourant à la prévention des risques liés au tabac.
Le respect de ces dispositions est essentiel à plusieurs titres. Il aide à la maîtrise des comportements des fumeurs, il prévient les rechutes chez les ex-fumeurs et les risques liés au tabagisme passif chez les non-fumeurs, il constitue également un élément important de la sécurité incendie. Il est important de souligner le caractère exemplaire que doit revêtir dans les bâtiments publics, et singulièrement dans les hôpitaux, le respect des dispositions réglementaires.
L’hôpital lieu d’exemplarité des professionnels
La crédibilité des messages de santé aux yeux du public passe par leur respect par ceux là même qui les formulent. En d’autres termes le médecin fumeur, le soignant fumeur interviennent rarement sur ce sujet. Leur attitude, si elle est publique, peut affaiblir le travail d’éducation et d’information qui peut être fait par ailleurs. Il n’est pas acceptable en conséquence que le personnel, médical ou non, d’un établissement de soins fume en public sur son lieu de travail, et soit perçu comme tel par les malades.
L’hôpital lieu de prise en charge des pathologies liées au tabac
Le tabac constitue le facteur de risque le plus important pour de nombreuses pathologies prises en charge à l’hôpital. Tuberculose respiratoire, Cancer
Cavité buccale et pharynx, Oesophage, Larynx, Trachée, bronches, poumon, maladies Cardio-vasculaire : Hypertension, Cardiopathie ischémique, Maladie cérébro-vasculaire, Artériosclérose .. Ces pathologies graves, en particulier cancers, maladies coronariennes, troubles circulatoires, nécessitent impérativement un arrêt du tabac. Cet arrêt conditionne le pronostic à court et moyen terme; le risque de rechute ou de complications est corrélé à la poursuite ou à l’arrêt du tabagisme.
L’hôpital, un lieu de maîtrise des risques sanitaires
L’hôpital a le devoir d’offrir un environnement sain, en particulier la qualité de l’air. En ce sens, le tabagisme passif constitue un risque pour les autres patients, parfois particulièrement vulnérables à la fumée des autres, notamment dans les services de pédiatrie, de cardiologie, de pneumologie… Rappelons que l’exposition des non-fumeurs à la fumée des autres majore significativement leur risque de maladie ischémique, de cancer du poumon, d’infections respiratoires.
6. Le tabagisme à l’hôpital, un problème majeur de sécurité vis à vis des risques d’incendie
Les soins aux malades nécessitent le recours à des produits très inflammables, les gaz médicaux (oxygène) peuvent majorer ces risques. Les départs de feu dans les hôpitaux sont majoritairement liés à l’usage de la cigarette.
7. La maîtrise du tabagisme dans l’hôpital constitue un excellent indicateur de la qualité des soins
La prise en compte de cet engagement est clairement signifié dans la circulaire ministérielle «initiative : Hôpital Sans Tabac.» portant la référence n° 85 en date du 27 Octobre 2008 adressée a toutes les directions régionales et aux différentes délégations du ministère de la santé. Autre élément qui a aussi son importance dans la lutte contre le tabagisme à l’intérieur des hôpitaux au Maroc, c’est l’engagement des établissements hospitaliers de tout mettre en œuvre pour assurer la meilleur prise en charge du patient qui doit bénéficier d’action d’éducation à la santé selon ses besoins, notamment pour le sevrage tabagique, il apparaît donc clair que des dispositions sont prises pour faire de nos hôpitaux des espaces de vie communs a tous, des espaces sans fumée et donc des hôpitaux sans tabac. Des mesures claires sont prise pour interdire le tabac a l’intérieur des murs de l’hôpital. Ces mêmes mesures visant à faire respecter l’interdiction de fumer sont prises en compte dans les critères de sécurité pour les patients vis à vis du risque incendie.
En guise de conclusion, nous dirons que la lutte contre le tabagisme à l’hôpital a trop longtemps revêtu un caractère accessoire, chacun faisant ce que bon lui semble.
Les temps ont changé. Le rôle du tabac comme principal facteur de risque des maladies les plus graves est reconnu. Sa prise en compte dans les hôpitaux n’est pas seulement un impératif réglementaire ou de sécurité mais une exigence sanitaire qui doit s’imposer à tous les professionnels de santé.
L’hôpital ne doit plus apparaître uniquement comme un lieu de soins mais aussi comme un lieu de recours, ouvert à tous, pour l’information, l’éducation et la prévention.
Cette prévention des effets du tabagisme est un élément essentiel du pronostic de nombreuses maladies. L’hôpital se doit d’inscrire cette réflexion prospective en matière de santé dans son organisation, et dans son projet d’établissement.
Source : Albayane.ma
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